Discours de l’Ambassadrice de France, Mme Claudia Delmas-Scherer, à l’occasion de la Fête nationale [et]

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Chers invités, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Maire, je suis très heureuse que vous ayez accepté notre invitation à venir célébrer la Fête nationale française aujourd’hui.

La célébration de la fête nationale française a été fixée au 14 juillet depuis 1880, 91 ans après la prise de la Bastille, cette prison qui symbolisait l’oppression de la monarchie absolue. La République française est née il y a 229 ans. Si je le rappelle, c’est parce que ce sont ses idées et ses idéaux qui ont inspiré les peuples qui vivaient sous une domination étrangères et qui ont lutté pour leur indépendance. Les rédacteurs de la première constitution estonienne se sont inspirés de la France pour adopter le modèle d’une République. C’est pourquoi je voudrais dédier la réception d’aujourd’hui à la célébration du centenaire de la République estonienne. Je me sens personnellement particulièrement privilégiée d’avoir pu vivre en Estonie cette année exceptionnelle du centenaire qui a vu se multiplier les événements et célébrations en Estonie mais aussi à l’international et en particulier en France.

Depuis le 9 avril dernier, les Français et les nombreux touristes qui visitent Paris ont enfin la possibilité de découvrir au musée d’Orsay les œuvres des remarquables artistes estoniens que sont Konrad Mägi, Oscar Kallis, Kristjan Raud… Cette exposition a été rendue possible par la coopération entre le KUMU et le musée d’Orsay et que ceux qui n’ont pas eu la chance de la voir à Paris pourront découvrir à Tallinn à partir du mois d’octobre prochain. Les médias français ont unanimement salué la beauté, la poésie, la force de ces œuvres mais surtout cette exposition les a conduits à découvrir l’histoire et les héros mythologiques de l’Estonie. Il y a aujourd’hui beaucoup de monde à Paris qui sait qui est Kalevipoeg. Ce poème a été traduit en français et de même que d’autres œuvres d’écrivains estoniens, il a attiré l’attention des visiteurs.

L’an dernier lorsque nous célébrions la fête nationale, la Présidence estonienne du Conseil de l’UE venait de commencer. Aujourd’hui, six mois après, je peux publiquement saluer tous ceux qui qui ont travaillé d’arrache-pied pour faire de cette première présidence une vraie réussite. Le gouvernement français a particulièrement apprécié l’engagement et le sérieux de votre Présidence qui a notamment permis d’avancer sur des dossiers que nous considérons comme prioritaires comme celui de la défense européenne. Trouver des solutions à 27 ou 28 n’est jamais facile mais la France comme l’Estonie savent que c’est nécessaire pour faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés pour construire un meilleur avenir commun.

Le contexte géopolitique actuel est compliqué et incertain. Nous ressentons le besoin de pouvoir nous appuyer sur des alliés qui partagent les mêmes valeurs. La France salue la volonté des autorités estonienne de conserver la boussole orientée selon le champ magnétique de ses valeurs, comme l’a dit la Présidente de la République lors de son discours du jour de la Victoire, le 23 juin dernier : liberté, démocratie, droits de l’homme et état de droit. La France et l’Estonie sont liées étroitement par le projet européen et par leur volonté d’avoir une Europe souveraine qui sait se protéger contre tous les risques extérieurs et qui sait défendre sa souveraineté. C’est une Europe ambitieuse qui veut se moderniser, qui veut conquérir et qui veut avancer.

Et ces liens entre nos pays ne sont pas seulement des idées ou des mots. Ils sont concrets et jamais sans doute la France n’avait été aussi présente en Estonie et plus visible que pendant l’année écoulée : plus de 600 soldats ont vécu et se sont entraînés avec les forces de défense estoniennes à Tapa en 2017 ; depuis deux mois une centaine de personnels de l’armée de l’air assurent la mission de police de l’air balte depuis Ämari. L’Estonie, de son côté, manifeste de manière concrète sa volonté de ne pas être un simple « consommateur » de sécurité mais d’être aussi un contributeur et la France se félicite de la décision du gouvernement estonien d’envoyer une cinquantaine de soldats rejoindre les troupes françaises au Mali dans l’opération Barkhane. Français et Estoniens vont être à nouveau frères d’armes en Afrique. Pleinement opérationnels, capables et volontaires, les soldats estoniens sont appréciés. A l’avenir nous continuerons à resserrer ces liens, à la faveur d’un nouveau déploiement français dans le cadre de l’eFP en 2019 et parce que l’Estonie a signé le 25 juin la lettre d’intention de l’Initiative européenne d’intervention qui fait d’elle un partenaire privilégié avec lequel nous cherchons à construire une culture stratégique commune.

Mais ce n’est pas seulement dans le domaine militaire que la France est plus présente. Il y a quelques jours était inaugurée l’exposition Baltic triennal qui a choisi un commissaire français Vincent Honoré. Et si nous sommes ici, à Vaba Lava aujourd’hui c’est aussi parce que s’y déroule depuis septembre 2017 et jusqu’à l’été 2019 une saison française et francophone avec deux curateurs français, Tristan Barani et Joé Alfarroba.

Je me réjouis également que les Français soient de plus en plus nombreux à venir s’installer en Estonie (selon les registres estoniens ils sont plus de 1400). Nous avons institutionnalisé une occasion mensuelle de rencontre, les French Afterwork et avec grand plaisir que je rencontre chaque mois de nouveaux compatriotes qui viennent en Estonie, attirés par la grande qualité de vie et le dynamisme du marché du travail.

Pour eux et leurs familles mais aussi pour tous ceux qui souhaitent « offrir le monde » à leurs enfants en leur permettant de maîtriser le français (comme le dit très bien la campagne de publicité de l’Institut français), je me réjouis tout particulièrement qu’à la rentrée, l’Ecole européenne de Tallinn aura une section francophone. Alors qu’aujourd’hui déjà plus de 50% des élèves de la TES apprennent le français, cette section permettra de suivre une scolarité en français. Une école maternelle KalliKalli va proposer également une section francophone avec un enseignant français.

Je tiens à remercier nos sponsors pour leur soutien. Je suis toujours particulièrement touchée lorsque des chefs d’entreprise estoniens qui commercialisent des produits français ou sont des filiales de groupes français me disent qu’ils souhaitent être nos partenaires parce qu’ils sont fiers de représenter aussi la France. Sans eux, nous ne pourrions pas vous recevoir si nombreux et avec de si bonnes choses. J’espère notamment que vous appréciez tout particulièrement le Champagne qui reste absolument la boisson de la fête !

Nous vous avons remis à votre arrivée un bracelet portant la mention « Liberté Egalité Fraternité », c’est pour vous permettre de sortir de cette salle pour voir le passage des avions de chasse français du régiment des cigognes, basés à Ämari et qui viennent faire ce passage en l’honneur de la fête nationale. C’était un rêve que mon prédécesseur, Michel Raineri, qui nous a quitté il y a tout juste un an après avoir lutté longtemps contre la maladie. Je lui dédie cette séquence et vous remercie d’avoir une pensée pour lui.

Dernière modification : 28/08/2018

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