Discours de l’Ambassadrice Claudia Delmas-Scherer [et] [ru]

Mesdames et messieurs les Ministres, Mes chers compatriotes, chers amis,

Nous nous retrouvons cet après-midi pour la traditionnelle célébration de la fête nationale en ce vendredi 14 juillet et, comme il est d’usage, c’est l’occasion pour moi de faire un bilan de l’année écoulée.

Il y a un an tout juste, notre pays était frappé à Nice par un nouvel attentat terriblement meurtrier qui a également directement affecté l’Estonie dont été originaires 4 victimes.
Si notre territoire a depuis été relativement épargné, la terreur a frappé à plusieurs reprises en Europe et la lutte contre le terrorisme est plus que jamais une priorité pour la France comme pour ses partenaires de l’Union européenne.

Depuis le 14 juillet de l’année dernière, beaucoup de choses ont changé à Tallinn comme à Paris mais aussi dans le monde.
Bien sûr, pour moi le premier changement est tout simplement le fait que je suis parmi vous aujourd’hui en chair et en os, et non plus sur un écran comme l’an dernier.
Je tenais à vous redire ce soir à quel point j’apprécie de représenter la France ici en Estonie et comme je me réjouis d’avoir pu rencontrer une très grande majorité de la communauté française.
Nous avons désormais un rendez-vous mensuel pour nous retrouver à l’occasion des French Afterwork. Je me suis passionnée par vos parcours individuels, riches et divers.

Vous avez fait un choix pas facile car l’Estonie n’est pas forcément très proche culturellement de la France. Chacun sait la redoutable difficulté de sa langue, et la longueur de ses hivers. Mais vous y appréciez la qualité de vie et l’administration électronique désormais également célèbre en France. Et l’Ambassade de France s’efforce de vous aider à scolariser vos enfants en langue française, à l’Ecole européenne de Tallinn et aussi au travers de l’Association des petits francophones.

S’agissant de la place de la France en Estonie, je tiens ici à saluer nos sponsors qui nous ont permis de vous recevoir ce soir. Ils représentent la marque « France » en Estonie que ce soit à travers des entreprises françaises ou des entreprises estoniennes commercialisant des produits français, je les remercie pour leur soutien et leur souhaite beaucoup de succès. Je salue également la création de la Chambre de commerce française en Estonie.
Depuis mon arrivée, il y a un peu moins d’un an, il y a eu des changements politiques importants en Estonie, des pages se sont tournées, une nouvelle coalition gouvernementale avec une composition inédite depuis de nombreuses années.

J’ai pu voir à quel point la campagne pour l’élection présidentielle en France a été suivie avec intérêt en Estonie, longtemps avec inquiétude.

Mais le 7 mai dernier, les Français, y compris ceux qui résident en Estonie à une écrasante majorité, ont élu un Président de la République, Emmanuel Macron, qui défendait une ligne très pro-européenne.

Beaucoup de nos partenaires et en particulier les Estoniens ont interprété cette élection comme un signal : celui du retour de la France en Europe. Celui du retour de l’Europe elle-même.

Pour paraphraser Paul Valery, je dirais que le vote du Brexit nous a fait toucher du doigt le fait que notre Union était « mortelle ». Ce n’est pas dramatique en soi. Mais le gouvernement français y voit une injonction à ne pas mettre nos propres turpitudes sur le dos de l’Europe mais à construire une Europe claire, efficace, qui ne soit pas l’esclave de ses procédures.

En effectuant son premier déplacement à l’étranger en Estonie, pays qui allait assurer la Présidence du Conseil pour la première fois depuis son entrée dans l’Union Européenne il y a treize ans, le Premier ministre français a confirmé la priorité donnée à l’approfondissement du projet européen.

Edouard Philippe a dit à ses interlocuteurs que la France savait pouvoir compter sur l’Estonie, l’un des pays dont la population est la plus attachée à l’Europe, pour faire avancer les projets indispensables à faire reprendre confiance dans l’Europe.

On a pu le voir depuis le retour du Premier Ministre de son voyage en Estonie, et également parce qu’il avait emmené avec lui une délégation importante de journalistes, le thème du numérique est plus que jamais à la une de l’actualité en France. Le Premier Ministre l’a dit ici, il est venu s’inspirer de ce qui a été fait en Estonie et il nous revient à nous qui représentons la France dans ce pays, de travailler à concrétiser ces engagements, à favoriser les échanges d’expérience.

La France et l’Estonie peuvent et doivent travailler de concert. Nos conditions géographiques et économiques sont différentes. Nos histoires ne nous ont pas fait traverser les mêmes épreuves. Mais nous partageons l’essentiel : des valeurs communes et, parfois même, une mémoire commune.

L’Estonie sait ce qu’est la solidarité et l’a exprimée avec force en répondant présent après les attentats de novembre 2015.
Ses soldats ont rejoint nos troupes sur des théâtres très loin d’ici et sont devenus frères d’armes en RCA, au Mali…

Aujourd’hui et ici, en temps de paix, ils s’entraînent désormais ensemble puisque la France a décidé d’envoyer 300 hommes intégrer le bataillon britannique dans le cadre du déploiement avancé de l’OTAN.

J’étais ce matin à Tapa avec nos soldats pour célébrer la Fête nationale. Je sais que cette expérience de 4 mois aura été passionnante et enrichissante.

Je ne vais pas reprendre les unes après les autres les étapes qui ont jalonné l’année écoulée avec des temps forts dans nos relations bilatérales avec l’Estonie. Je voulais seulement rappeler que nous avons célébré avec faste au quai d’Orsay à l’automne dernier le 25ème anniversaire du rétablissement des relations diplomatiques, et que nous célébrons en ce moment celui de la création de l’Institut français d’Estonie qui s’appelait alors Centre culturel français.

Les relations entre la France et l’Estonie sont aujourd’hui plus denses que jamais et la Présidence estonienne de l’Union européenne fournit une occasion unique de renforcer nos liens en permettant aux membres du nouveau gouvernement français de venir à Tallinn et de rencontrer leurs homologues.

Le Président de la République lui-même a accepté l’invitation du Premier Ministre estonien et se rendra à Tallinn le 29 septembre pour le Sommet européen consacré au numérique.

Le gouvernement français a lancé des initiatives pour relancer la mobilisation de la communauté internationale afin de mettre en œuvre les Accords de Paris et d’intégrer les enjeux climatiques dans tous les politiques publiques européennes.

Aujourd’hui même les ministres européens de l’environnement se sont réunis pour travailler sur ce sujet et je remercie le Ministère estonien de l’environnement d’avoir pensé que le 14 juillet était une date propice pour cela.

C’est donc avec la certitude que le France et l’Estonie renforceront encore leurs liens dans les prochains mois et prochaines années et pour cela, je lève mon verre à votre santé à tous, Vive l’Estonie, vive la France !

Dernière modification : 01/09/2017

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