Déclaration de M. Nicolas de Rivière, Ambassadeur, représentant permanent de la France aux Nations Unies (04/09/2020)

Mesdames et Messieurs les ministres, Excellences et chers représentants de la société civile biélorusse

La France soutient les aspirations du peuple biélorusse à la liberté, à la souveraineté et au respect de ses droits fondamentaux. Les protestations en Biélorussie ne sont pas d’ordre géopolitique. Elles portent sur le droit que possèdent les individus d’élire librement leur dirigeant. De telles protestations ne peuvent être réduites au silence par l’usage de la violence et de la répression.

La France condamne donc la violence exercée contre les manifestants pacifiques suite à l’élection présidentielle contestée du 9 août en Biélorussie. Les rapports de violations des droits de l’Homme, recueillis par le rapporteur spécial sur la Biélorussie, incluant la torture, les mauvais traitements et les disparitions forcées sont particulièrement préoccupants. L’ensemble des prisonniers politiques et des manifestants pacifiques arrêtés en lien avec les protestations doivent être libérés sans condition et immédiatement. Nous attendons une enquête complète et transparente sur toutes les allégations d’abus. L’OSCE, et plus particulièrement le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’Homme détient la légitimité et l’expertise pour enquêter. Les mesures arbitraires prises à l’encontre des journalistes et des travailleurs des médias mettent en danger la liberté de la presse et doivent être suspendues. Ces mesures répressives n’aideront pas à résoudre la crise actuelle.

L’Union européenne a clairement exprimé sa position au regard de ces élections qui n’ont été ni libres ni justes et qui n’ont pas respecté les normes internationales. L’Union européenne a décidé d’imposer des sanctions à un certain nombre de hauts fonctionnaires directement responsables de fraude électorale, de violence et de répression. De surcroît, la Commission allouera 53 millions d’euros dans le cadre de l’instrument de voisinage et de partenariat européen afin de soutenir le peuple bélarussien.

Les violations des droits de l’Homme en Biélorussie sont en grande partie liées à la crise politique actuelle. Cette crise ne peut être résolue que d’une façon qui respecte les principes démocratiques et les libertés et droits fondamentaux. La Biélorussie étant un membre de l’OSCE, nous pensons qu’elle devrait se conformer aux standards de l’OSCE et nous pensons que la proposition de la présidence en exercice de se rendre sur place et de faciliter le dialogue devrait être acceptée par les autorités.

La France restera mobilisée, aux côtés de ses partenaires, afin de trouver une solution pacifique à cette crise.

Je vous remercie, M. le Président.

Dernière modification : 09/09/2020

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